Hespéridée

La famille «  »  regroupe les parfums constitués à partir de zestes d’agrumes tels que le citron, l’orange, le pamplemousse, la mandarine, la bergamote.

La définition de la Société Française des Parfumeurs est :

On entend par “hespéridées” les huiles essentielles obtenues par expression du zeste des fruits tels que bergamote, citron, orange, mandarine, etc. associées aux produits de l’oranger. C’est dans ce groupe que l’on trouve les premières “Eau de Cologne”, utilisées par les hommes et les femmes.

Si les notes hespéridées sont bien connues en parfumerie, l’origine du mot est étonnante.

Les « HESPERIDES » sont des nymphes Æglé, Erythie, Hestia et Aréthuse (on en compte parfois moins, parfois plus). Elles habitaient un merveilleux jardin rempli de pommes d’or dont elles étaient les gardiennes aidées d’un dragon immortel à cent têtes.

Mais quel rapport entre les pommes d’or et les agrumes ? Patience !

Vous connaissez probablement les travaux d’Hercule (Heracles).

Selon Apollodore (l’auteur de la Bibliothèque), alors qu’Hercule pensait en avoir fini après huit ans de réussite, on lui ordonna deux nouveaux travaux, le onzième étant  d’apporter à Eurysthée les pommes d’or du jardin des Hespérides.

Un extrait de l’histoire est cité ci-dessous :

ApollodoreBibliothèque, II, 5, 1-12

Lorsqu’il fut arrivé vers Atlas, dans le pays des Hyperboréens, Prométhée lui conseilla de ne pas aller lui-même chercher les pommes, mais de prendre la place d’Atlas, et de l’envoyer les cueillir. Hercule suivit son conseil, et prit le ciel sur ses épaules : Atlas ayant cueilli trois pommes dans le jardin des Hespérides, revint vers lui, mais ne voulut plus reprendre le Ciel et dit qu’il irait lui-même porter les pommes à Eurysthée. Hercule alors, par le conseil de Prométhée, pria Atlas de le reprendre seulement]jusqu’à ce qu’il eut fait un bourlet pour mettre sur sa tête. Atlas y ayant consenti, posa les pommes à terre, et reprit le ciel ; alors Hercule s’empara des pommes et s’en alla. D’autres disent que ce ne fut pas Atlas qui les lui donna, mais qu’il les cueillit lui-même dans le jardin des Hespérides, après avoir tué le serpent qui les gardait. Il les porta à Eurysthée qui lui en fît présent ; Hercule les donna à Minerve qui les reporta dans le jardin, car il n’était pas permis qu’elles fussent placées ailleurs.

Certains exégètes on pensé que les pommes d’or qu’Hercule avait réussi à obtenir n’étaient pas des pommes mais des oranges, ou des citrons. D’autres y ont vu des bergamotes ou encore d’autres fruits. Le débat n’est pas terminé puisqu’il anime encore Wikipedia.

Je vous conseille à ce sujet la lecture passionnante de la « Dissertation sur les pommes d’or des hespérides » (1809) par Pierre-Joseph Amoreux. D’après lui, la pomme d’or est un coing.

Le nom, sous lequel ce fruit est le plus connu, sans en déterminer l’espèce, est celui de pomme d’or. Cette ancienne dénomination a singulièrement exercé les commentateurs qui, malgré leur docte glose, ont laissé subsister le doute dans toute sa force. Si nous ne sommes pas plus heureux qu’eux, nous souhaitons au moins qu’on nous trouve plus concis. Deux remarques suffiront pour rendre raison de cette expression pompeuse de pomme d’or : la première consiste en ce que le mot pomme, en grec melon, est générique et fut appliqué à presque tous les fruits charnus. Les latins ont dit malum, avec différents épithètes pour distinguer la pomme proprement dite, de l’orange, du citron, de la pêche, de l’abricot, de la grenade, des coings etc.
La seconde réflexion que j’ai à faire sur ce qui a le plus occupé les auteurs, c’est que l’épithète d’or servait à désigner tout ce qui était beau, excellent, rare, précieux.

Pour lui il ne fait pas de doute que la pomme d’or ne peut être une pomme. Il en fait une démonstration savante et amusante.

Donc la famille Hespéridée tire son nom des pommes d’or des Hespérides, pommes qui ne sont probablement pas des pommes mais peut-être des agrumes.

La classification des parfums en différentes familles n’est pas une science comme l’est la botanique !  la famille Hespéridée n’existe pas partout dans le monde, par exemple pour le parfumeur expert Michael Edwards il n’existe que quatre familles (floral, oriental, boisé, frais) et des sous familles. Citrus, une des sous-familles de Fresh (frais) correspond approximativement à la famille Hespéridée.

De nombreuses marques de bougies parfumées créent dans cette famille. Par exemple, Nimbus, la marque grecque a une bougie aux agrumes méditerranéens 

Un parfum d’agrumes (pamplemousse, orange, citron, mandarine) lumineux et ensoleillé avec un soupçon de sophistication .

 

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